Syndrome du frigo vide

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

On connait tous cette triste pathologie de nos frigos (dites moi oui, pour que je me sente moins seule même si c’est faux, je m’en fous, un mensonge est vite oublié). En quoi consiste ce syndrome… ben le frigo qui sonne le creux, le vide, le néant. Quand on l’ouvre, il y a l’appel du froid qui se fait et on se croirait dans une tempête de neige. « Ffff… Fffffff… » Bon suis pas douée pour les fonds sonores, ok, je fais du mieux que je peux, mais là, hein… bon, bref… c’était le vent qui s’engouffrait dans mon frigo, voilà, vous avez compris non ? Si je ne chantais pas faux, j’aurais fait mes vocalises dedans, tiens, je me serais crue à l’intérieur de Notre Dame de la Garde, tellement l’écho et la résonnance auraient été forts. Comme je chante faux avec ma voix minuscule et cassée, l’écho serait revenu contre moi et m’aurait esquinté les tympans et fourré un mal de tête du tonnerre, alors je suis restée silencieuse durant tous les soins du frigo. Même Happy n’avait pas le droit de miauler trop près (oui elle ronronne et miauxle faux. Bon, là, elle m’a vu l’écrire et me tourne le dos, je me suis fait une ennemie)

Houhouuuuhouuuuuuuuuuuuuuuuu houuuu…… C’EST MMOIIIiiiiiaaaaaaaaaaa…………….. C’est çà le syndrome du frigo vide… le vide sidéral… Mais ce qui est bien dans ces moments là, c’est qu’il est vachement pratique à nettoyer. Rien à enlever, puis nettoyer, puis remettre. Là, je n’enlève rien, je lave juste et remets avec de nouvelles courses. Ben oui, faut être positive, je le suis, là, non ?? Toujours voir le positif dans le négatif… On crève de faim (bon, on va pas exagérer non plus hein, c’est pour les besoins de l’autodérision), pas grave, on peut vachement bien laver le frigo et les placards vides tellement la place est dispo, alors c’est chouette ! 

Il était vide, depuis bien 2 jours. 2 pommes de terre et une boite de thon se battaient en duel et les placards commençaient à faire grise mine aussi. Les courses, c’est l’enfer. Quand je pars les faire, on dirait que je suis parée pour l’ascension de l’Everest. 3 jours de préparation physique et mentale, pour savoir comment je vais porter, ce que je vais porter, privilégier. J’ai droit à une aide de la mdph il parait (sauf que moi et la dépendance, on n’est pas copines alors je suis sado maso un peu sur les bords et je « préfère » souffrir, l’air de dire « yesss, suis toute déglinguée, mais c’est moi qui l’ai fait yeahhh »… Le meilleur ami m’engueule régulièrement « combien de fois, je t’ai dit de me demander !!! c’est la dernière fois que je le répète hein !! » oui chef… mais je préfère qu’il passe me faire de grands câlins, plutôt que de perdre du temps à me faire les courses et ce n’est pas son boulot, comme ce n’est pas celui d’autres amies qui me le proposent. J’ai accepté 2-3 fois, mais c’est dur… J’ai dû m’appeler Bourriquet ou Cadichon, dans une autre vie. Je suis censée être prioritaire aux caisses aussi, sauf que c’est moi qui laisse passer les gens, quand ils ont un article. Internet, ce serait la solution pour les courses à domicile, mais les magasins où je vais pour faire souffrir un minimum mon portefeuille ne font pas de livraisons, manque de pot.

Bon, depuis, je l’ai soigné, nettoyé donc (je le lave aussi quand il y a des trucs dedans hein, mais bon, c’est plus pénible), il respire, souffle, ronronne de plaisir, j’ai un frigo aux anges. Et moi, çà me fait du bien de le voir rempli, de pouvoir choisir ce que je veux dedans, comme dans les placards, sans me dire, « purée zut crotte, j’ai plus ooouiiiiinnnnnnnn »

Je vous laisse, il y a des Maxi Kinder qui m’attendent, dans mon frigo tout beau, tout propre et surtout rempli pour un moment de nouveau, alléluia, l’honneur est sauf, mon corps, lui… humhum.. fait beau aujourd’hui hein ? 

Signé Cadichon/Bourriquet ou l’art de changer de conversation et de foutre le camp tant qu’il est temps :-p

C’est dur physiquement, mais ce qui me « console » et que je n’oublie jamais, c’est que vivre avec l’invalidité n’est pas la gloire, que je finis les mois en tirant sur toutes les cordes et en choisissant les magasins, en faisant bien attention, mais au moins, j’arrive à le remplir mon frigo et à rentrer porter mes courses au chaud… J’ai toujours d’immenses pensées pour ceux qui n’ont plus rien du tout (relatif à mon post précédent aussi) et un pincement au coeur devant de telles détresses 😦

Alors, oui, il faut toujours voir le positif même dans le négatif, et là, ce n’est plus de la rigolade ou de l’autodérision, par contre…